Le torchon brûle entre Cavendish et Lefevere : "Il pense qu'il est l'heure de passer à la caisse"

Il y a 1 jour 9
Christophe Gaudot

Le feuilleton de la prolongation de Mark Cavendish chez Deceuninck-Quick Step s'étale dans le temps. Patrick Lefevere, grand patron de la formation belge, n'avait pas prévu que son sprinter domine autant le Tour de France et donc qu'il demande une nette augmentation pour 2022. Rappelons que selon plusieurs sources, le "Cav'" avait signé pour un an et pour un somme "dérisoire". Fort de ses résultats, il veut plus. Et Lefevere n'est pas très enclin à accéder à sa demande. Il a encore eu des mots forts dans une interview accordée au journal belge, le Het Laatste Nieuws.

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"Il ne doit pas surestimer sa valeur sur le marché sur l'euphorie du Tour de France", avait déjà dit Lefevere en août dernier au Het Nieuwsblad. L'euphorie est sans doute bien passée désormais et on ne dirait pas que Cavendish soit devenu plus raisonnable à ses yeux. " Je respecte Mark Cavendish mais on lui a sauvé la peau. On lui a donné tous les outils et il a relevé le challenge. Et maintenant, il pense qu'il est l'heure de passer à la caisse à nouveau", a-t-il encore appuyé. La preuve qu'en un peu moins d'un mois, les positions ne se sont pas rapprochées.

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Aucun de mes sponsors flandriens ne va faire d'efforts pour payer Mark Cavendish pour son image

Bien qu'il assure comprendre que son coureur ne puisse pas gagner aussi "peu" d'argent qu'après un été où il a tant brillé, Lefevere se veut inflexible. "Est-ce qu'il va pouvoir refaire ce qu'il a fait ? Ça me semble peu probable", avance-t-il même alors que le "Man of Man" a égalé Eddy Merckx au nombre de succès sur le Tour de France (34). Notons que Cavendish n'a plus gagné depuis la Grande Boucle malgré ses participations aux Tours du Danemark, d'Allemagne et de Grande-Bretagne.

S'il fallait une preuve supplémentaire pour se convaincre que la relation est plutôt fraîche entre les deux hommes, il suffit de constater que Lefevere n'hésite pas à rendre public des parties de la négociation. "Maintenant il commence à me parler de son image. Il dit : 'Avec mon image, je vaux énormément'. Je lui réponds que son image à Londres est différente de celle qu'il a dans l'ouest des Flandres, avec tout mon respect. Aucun de mes sponsors là-bas ne va faire d'efforts pour payer Mark Cavendish pour son image."

Le record de Merckx ? Lefevere ne s'y intéresse pas

Quand il fait ça, le manager belge sait pourquoi mais on ne peut s'empêcher de penser que ces déclarations pourraient bien pousser Cavendish ailleurs. A moins qu'il ne soit sûr que celui-ci ne trouve rien de mieux dans une autre équipe. Financièrement et sportivement. Cavendish était à la cave, incapable de gagner et proche de la retraite quand il l'a fait signer fin 2020. Et celui-ci le lui a bien rendu en brillant sur la Grande Boucle.

Le Tour justement, autre point d'achoppement des négociations. Après avoir assuré que 2022 serait l'année de Jakobsen, Cavendish a très envie d'y retourner. On le comprend puisqu'il ne lui manque qu'une étape pour détrôner Merckx. Mais Lefevere ne s'intéresse pas spécialement à ce record. "Est-ce que je dois prendre le risque de sacrifier quelqu'un qui pourrait être plus rapide (Jakobsen) que Mark ? Pour un record qui fondamentalement n'a pas vraiment de retombées pour l'équipe ? Et s'il bat ce record, il va encore me demander une prime." Ambiance.

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